Archives de catégorie : Cahiers Mélusine-Actualité

Endre Rozsda, par Nathalie GEORGES-LAMBRICHS

Europe, n° 1091 mars 2020, p. 368-369

Françoise PY et José MANGANI (dir.) : Endre Rozsda (Éditions Mélusine).

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Le hasard a voulu que l’œil d’André Breton se posât sur les peintures d’Endre Rozsda, revenu définitivement en France en 1957 après vingt ans passés en Hongrie où il est né et où la renommée s’attacha à lui tout jeune homme, à peine terminées ses années de formation. C’est sur cette contingence qu’aujourd’hui, la nouvelle revue numérique, Mélusine, parie : entendant se vouer à l’approfondissement de la recherche sur le surréalisme sous toutes ses formes[1], elle consacre son premier numéro à Rozsda en publiant neuf textes, reprises des travaux de la journée d’étude du 10 mars 2018.

Ce numéro 1 de Mélusine dans sa version numérique[2]  est une manière de mobile virtuel, à l’image de Rozsda-et-sa-peinture. Divers et diffractés, les textes se répondent, enserrant un espace qui toujours les excède, mais pousse chacun dans sa logique, à fond : témoignages, analyses, rapprochements et voisinages, le souffle du surréalisme anime un portrait de l’artiste en neuf fragments, par Françoise Py, José Mangani, David Rosenberg, Adam Biro, Patrice Conti, François Lescun, Alba Romano Pace, Borbála Kálman et Claude-Luca Georges[3]; un portrait du « machiniste », tel qu’en lui-même il récapitule, pour sa part, le monde complexe de l’art dont il fut le contemporain et dans lequel il impose, après coup, une marque qui n’est pas sans infuser aujourd’hui par son art singulier tout un courant de peinture, à rebours des installations spéculatives tonitruantes, qui ne craint pas de faire entendre que le surréalisme n’a pas dit son dernier mot et met au travail des critiques, des amateurs éclairés et aussi des artistes contemporains qui éprouvent la nécessité de se situer par rapport à lui. Quelque chose résiste, dans l’œil du typhon, à l’image de son objet qui n’a justement pas d’autre image. La gageure est tenue. Les événements de la peinture européenne du XXe siècle revivent, la seconde moitié éclairée par les avant-gardes de la première, vis-à-vis desquelles Rozsda persévéra sur son erre sans en rien ignorer. Ainsi l’aperçoit-on sous un angle à chaque fois différent, par un détail en filigrane qui agit comme dans une lanterne magique et soudain, le focus nous permet de voir, dans une grande économie de gestes, Endre Rozsda « fou de peinture ».

Il peint à l’huile sur toile, chaque jour il peint les jours, leur dentelle, comme il pense et se souvient. Son enfance judéo-hongroise idyllique et monstrueuse enkystée au fond de l’œil, il ne cesse pas de peindre. La chose s’est décidée très tôt, il s’y est fait, sa vie durant, traversant les drames intimes et les accidents de l’histoire. Insensible aux outrages ? Sûrement non, mais décidément ailleurs, il a résolu de vivre comme il peint, au présent : il transpose, métamorphose, interprète, chiffre, voile, dévoile et révèle, où qu’il se trouve. Si regardeur il y a, il en décidera. Endre Rozsda est ses tableaux, il s’en sépare difficilement. Il admet dans sa solitude des amis, des amoureux, des complices. Ainsi sait-il où il est. Il a été jusqu’à ne se séparer de certains tableaux qu’à la condition que leurs acquéreurs attendraient sa mort pour entrer en possession de leur bien. Ceci est mon corps.

Il peint indifférent aux bruits du monde. Mais le silence de l’atelier est intense quand il présente son travail à des acheteurs potentiels. C’est à couper au couteau (pas ou très peu de couteaux par ailleurs dans la panoplie de Rozsda). Il résiste, il accueille ses semblables un par un, sans fard, chacun à ses risques, modèle, critique, galeriste, petit jeune, mondaine ou voisin. Il s’efface, il apparaît, il n’attend rien. Dans le silence de la nuit, c’est à Mozart ou à Bartók qu’est dévolu le pouvoir de faire taire les bruits du monde[4]  et à son rire de lui donner son épaisseur de joie, sa couleur, ses couleurs, et sa mélancolie.

Les contributeurs de ce numéro de Mélusine l’ont tous approché, fréquenté, directement ou par le truchement de ses proches, José Mangani en premier lieu qui fut son compagnon et qui compose avec les « fidélités plurielles » dont Breton faisait son attribut. Chacun a ainsi « son » Rozsda, tandis que lui peint à l’estime, seul à faire savoir ce qu’il refuse : le compromis vénal. Un peintre doublé d’un homme ayant cette éthique-là : chose rare.

Il y a les compagnons choisis, les lectures – Freud, Proust [5] –, il y a aussi la chance. Rozsda précoce, surdoué, connut des éclipses, mais il aura eu cette chance longue : André Breton dont non seulement l’œil – grâce à Simone Collinet, sa première femme, grâce aussi à Raymond Queneau qui avait épousé la sœur de celle-ci – s’est posé sur ses toiles et sur lui, mais aussi la plume, comme le rappelle Françoise Py dans sa présentation. Sut-il dès lors (nous sommes en 1957, il vient de passer la frontière pour se réfugier à Paris) que son œuvre lui survivrait ? En tout cas il n’a jamais refusé l’étiquette de « surréalisme » : elle le laissait libre de vivre comme il l’entendait. Il fut surréaliste et intraitable. Insupportable. Épris d’un humour abyssal, doublé d’une ironie tendre. Son inertie à lui ? C’est la peinture, toujours la peinture, sept jours sur sept, et sinon ce sont les dessins, c’est la photo, et ce sont les visites au Louvre. Telles, ses médiations, fort peu médiatiques. Il n’a pas de temps pour médire, il médite. Et distille des demi-mots, « à la recherche du temps ». C’est ainsi qu’il résiste, et fait l’air du temps s’arrêter à sa porte et se condenser en ce terme qui aujourd’hui l’installe dans la compagnie de ses pairs.

Peu à peu – Endre Rozsda est mort à la fin de 1999, comme il avait vécu, dans son siècle – une existence s’impose. Ses tableaux, un par un, se laissent regarder, commenter, ordonner. Des milliers de photographies n’ont pas sombré, formant le pendant, en majeure partie noir et blanc, de ses toiles peintes aux couleurs souvent vives ; et il y a, last but not least, l’accumulation de très nombreux dessins, matière d’expositions encore à venir.

C’est ainsi, dans l’esprit du surréalisme in statu nascendi, la logique d’une vie qui frémit dans chacun de ces morceaux ; une vie concentrée dans un œil, une main et, de manière tout à fait sensible, une oreille, aux aguets, transmutant en matière mate et muette le silence auquel elle tendait et retourne. Endre Rozsda a peint les passions, les fureurs du monde sans les aimer ni les redouter. Il en a fait son matériau et les a importées dans une zone où diffuse la lumière qu’il a appris à capturer non pour les dompter, car c’est impossible, mais pour les enchanter. Si la mort a empêché Patrick Waldberg d’écrire sur Rozsda le texte qu’il projetait, je crois ne pas le trahir – c’est le cas de le dire – en lui empruntant « la définition la plus simple que l’on puisse donner du poète », telle qu’il l’a formulée dans Les Demeures d’Hypnos[6] : « un enfant qui n’a pas trahi », pour la faire entrer dans l’atelier-Rozsda.

Nathalie GEORGES-LAMBRICHS


[1]. La revue Mélusine est publiée par l’Association pour la Recherche et l’Étude du surréalisme (APRES), présidée par Henri Béhar.

[2] Pour célébrer le vingtième anniversaire de la mort du peintre, l’association des Amis d’Endre Rozsda a imprimé ce numéro. Les informations à ce sujet sont disponibles sur le site de l’artiste https://www.rozsda.com

[3] Que le lecteur veuille bien, en un clic, consulter le sommaire pour s’engager dans la lecture dès qu’il en aura le loisir… http://melusine-surrealisme.fr/wp/?attachment_id=3225

[4] Cf. « Endre Rozsda et la musique », François Lescun, notamment p. 47.

[5] 5. Cf. l’étude de Patrice Conti p. 29-44, et je me permets – le Vinci de Freud et l’Elstir de Proust obligent –, de la lier à mon tour sur les textes de Ginette Michaux consacrés au regard proustien, et rassemblés dans ses Essais de psychanalyse lacanienne chez Erès en 2008.

[6] Éditions de la Différence, Paris, 1976, p. 483, cf. « Vasilije Jordan – Le poignard dans le souvenir ». Note de lecture

Livraison du Mélusine n°XXXVII-L’or du temps, André Breton, cinquante ans après

Livraison de la revue Mélusine n°XXXVII
L’or du temps – André Breton – cinquante ans après

© André Breton, ancienne collection Elisa Breton

L’or du temps – André Breton – cinquante ans après.
Cinquante ans après quoi ?
Après la célèbre décade de Cerisy, consacrée au surréalisme, sous la
direction de Ferdinand Alquié, suivie à distance par André Breton. Après
son décès, tandis que se manifeste sa présence on ne peut plus actuelle.
Loin de dresser la chronique des manifestations ou la bibliographie
des travaux qui lui ont été consacrés depuis 1966, loin de toute idée de
commémoration ou d’anniversaire, et même si l’on ne peut y échapper
momentanément, les contributions ici recueillies tentent de dégager les
raisons et les moyens de cette notoriété persistante et même croissante,
tant par les idées qu’il a mises en place, la forme et l’esthétique de
son expression, les déplacements théoriques et pratiques auxquels il a
procédé sur la connaissance et l’art de son temps.
Au-delà de cette cartographie d’ensemble, ces études nouvelles
projettent sa devise libertaire sur les cinquante années passées, en
s’appuyant sur ses propres conceptions philosophiques, en prenant
exemple sur un comportement qui cherchait chaque jour à concilier
l’amour, la poésie, la liberté dans un même souffle.


Collborations de : Henri BÉHAR et Françoise PY, Georges SEBBAG, Hans
T. SIEPE, Jean-Michel DEVÉSA, Stamos METZIDAKIS, Violaine WHITE, Patrice
ALLAIN, Daniel BOUGNOUX, Thomas GUILLEMIN, Alessandra MARANGONI,
Alexandre CASTANT, Bruno DUVAL, Misao HARADA, Jean ARROUYE, Pierre
TAMINIAUX, Stéphane MASSONET, Sophie BASTIEN, Elza ADAMOWICZ,
Sébastien ARFOUILLOUX, Jean-François RABAIN, Jean-Claude MARCEAU,
Gabriel SAAD, Masao SUSUKI, Cédric PÉROLINI, Noémie SUISSE, Alain
CHEVRIER, Constance KREBS, Wolfgang ASHOLT.

[Télécharger la table des matières du Mélusine 37]

Numéro disponible sur le site des éditions l’Age d’homme
www. lagedhomme.com

Livraison du Mélusine XXXVI

Livraison de la revue MÉLUSINE N° XXXVI
MASCULIN/FÉMININ
LE SURRÉALISME AU JAPON

Melusine36

Cette trente-sixième livraison de Mélusine contient deux dossiers.

Le premier, Masculin/Féminin, organisé par Elza Adamowicz, Henri Béhar, et Virginie Pouzet-Duzer, se pose non pas la question des genres dans le surréalisme, à la manière anglo-saxonne, mais de la façon dont chaque auteur ou artiste a traduit la part de masculin ou de féminin qui est en chacun de tous.

À l’approche socioculturelle, qu’il fallait évidemment rappeler, nous avons ici tenté une approche plus précisément stylistique des genres (sens rhétorique) par les genres (sens sexuel). « Je voudrais pouvoir changer de sexe comme on change de chemise ». Simple boutade de la part de Breton ? Toujours est-il que dans le surréalisme de l’entre-deux guerres, les rapports masculin-féminins ainsi que les concepts de féminité et de masculinité sont caractérisés par l’ambiguïté (retranchement et recherche), l’oscillation (le jeu des échanges), la transgression (les au-delà du corps), le devenir (le s’indéfinir de Cahun), la fusion, voire la confusion.

Cette synthèse des divers glissements progressifs du désir n’a pas la prétention d’épuiser le sujet, encore moins de dresser un palmarès.

Au lecteur de se nourrir de chaque contribution afin de compléter le puzzle composé par une cohorte d’artistes opportunément rassemblés au cours d’une vingtaine d’années pour dire, à travers leurs créations, et chacun à sa façon, le monde auquel ils aspiraient.

Le second dossier, le surréalisme au Japon, constitué et présenté par
Martine Monteau et Atsuko Nagaï, donne un aperçu de l’influence réciproque exercée entre le surréalisme tel qu’il s’est constitué en France, il faut naturellement en convenir, et le Japon, et de l’impact sur la pensée, l’écriture ou les pratiques artistiques des uns et des autres.

À l’Ouest, comme à l’Est, il s’est agi de saisir poétiquement la beauté circonstancielle, immédiate, qui passe et va. Cela répond à l’esthétique de la poésie et de l’art japonais – appréhender l’éternité de l’instantané, conjuguer la subtile alliance des contraires. Le surréel est ce lieu d’épiphanies. Où le merveilleux surgit de la réalité, surprend, suspend le concept, le surréalisme est en pays de connaissance.

Collborations de : Elza ADAMOWICZ, Henri BÉHAR, Léa BUISSON, Justine CHRISTEN, Cosana ERAM, Thomas GUILLEMIN, Misao HARADA, Satoru HASHIMOTO, David HOPKINS, Yoshiteru KUROSAWA, Hervé Pierre LAMBERT, Constantin MAKRIS, Neil MATHESON, Martine MONTEAU, Atsuko NAGAÏ, Martine NATAT-ANTLE, Andrea OBERHUBER, Virginie POUZET-DUZER, Marie REVERDY, Annie RICHARD, Camilla SKOVBJERG PALDAM, Hanako TAKAYAMA, Pierre TAMINIAUX, Masachika TANI, Darren THOMAS, Nobuhiko TSUCHIBUCHI, Fumi TSUKAHARA, Ikumi WATANABE.

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Livraison de ce numéro bientôt en vente en ligne sur le site des éditions L’Age d’Homme

http://www.lagedhomme.com/rechercher/?r_classification=700

Livraison du Mélusine XXXV

Mélusine XXXV
ÉROS, C’EST LA VIE !

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En couverture : Virginia Tentindo, Minimes innocences

 Sarane Alexandrian appelait de ses vœux une étude approfondie de l’érotique du surréalisme : « Au fond, cela consiste à éclaircir ces questions : qui, dans le surréalisme, a parlé de l’érotisme ? Quand et comment en a-t-on parlé ? Quelle influence les œuvres de ce genre ont eu sur l’évolution du mouvement ? »

Son propos, publié ici, est vérifié par l’ensemble des contributions. Du moins demandait-il lui-même à être complété, sur tous les plans, le surréalisme ne se limitant évidemment  pas à l’espace français ! Comme d’habitude dans les dossiers thématiques de Mélusine, une attention particulière est ici accordée au trait d’union, le plus érotique des signes graphiques, avec le signe +, selon le jeune Jarry.

N’est-ce pas Artaud qui annonçait vouloir monter l’histoire de Barbe-Bleue « reconstituée selon les archives, et avec une idée nouvelle de l’érotisme et de la cruauté » ? Ce qui conduit nos collaborateurs à revoir de plus près les positions respectives de Bataille et de Breton sur le sujet. N’est-ce pas ce dernier qui considérait l’Histoire de l’œil comme « le plus beau livre érotique qu’il connaisse, et même l’un des plus beaux livres qu’il ait lu ».

 VARIÉTÉ, RÉFLEXIONS CRITIQUES
Contributions de :
Sarane ALEXANDRIAN, Imre József BALÁZS, Henri BÉHAR, Marcella BISERNI, Léa BUISSON, Georgiana M.M. COLVILE, Marc DÉCIMO Olivier, DELERS, Sébastien GALLAND, Gaëlle HOURDIN, Pierre-Henri KLEIBER, Marc KOBER, Giovanni MAGLIOCCO, Ruben Daniel MÉNDEZ CASTIGLIONI, Mickaël MESIERZ, Stamos METZIDAKIS, Maryam MOREL, Martine NATAT-ANTLE, Chiara PALERMO, Sophie RIEU, Alba ROMANO PACE, Gabriel SAAD, Stefania SCHIBECI, Paolo SCOPELLITI, Noémie SUISSE, Maryse VASSEVIÈRE

 Télécharger la table des matières 

Numéro disponible aux éditions L’Age d’Homme
http://www.lagedhomme.com/boutique/fiche_produit.cfm?ref=978-2-8251-4490-9&type=47&code_lg=lg_fr&num=0

Les Fabuleuses

Les fabuleuses

MÉLUSINE est la patronne rêvée d’une revue du surréalisme. Elle nous rappelle tantôt que Jarry a honoré Mélusine dans l’Amour absolu, et que Breton… Bien sûr, Mélusine c’est L’Amour fou. Ainsi baptisés, ces « Cahiers » existent fortement : des volumes de trois à quatre cents pages. Le dernier a pour sujet le livre et les revues surréalistes. Mais c’est tout autre chose qu’une présentation technique, typographique et plastique : une recherche sur l’esprit de ces livres et du surréalisme même. Par exemple : « L’amour et l’érotisme ». Arturo Schwarz cite aussitôt Breton : « Il est certain que l’amour charnel ne fait qu’un avec l’amour spirituel. » Avec des dessins de Desnos, des illustrations de Man Ray, André Masson, Tanguy, de Chirico, Dali, Miro. (Cahiers du Centre de recherche sur le surréalisme, dirigés par Henri Béhar. Édit. L’Age d’Homme).

Article d’Yves Florenne, LE MONDE, 1983/05/20.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/archives/article/1983/05/20/les-fabuleuses_2835049_1819218.html#HB080V8crUILhCia.99

CC

Cahiers Mélusine-prochainement

Les prochaines livraisons de la revue Mélusine

Les prochains numéros de Mélusine en préparation :

1) Érotisme et surréalisme 

Le dossier central de Mélusine XXXV, à paraitre au premier trimestre 2015, sera dédié au thème « Érotisme et surréalisme ».
Naguère, Sarane Alexandrian appelait de ses vœux une étude approfondie de l’érotique du surréalisme, estimant qu’on ne pouvait s’en tenir à deux ou trois cas isolés de poètes ou de plasticiens pour définir l’attitude globale du mouvement à cet égard. Il traçait ainsi le programme de recherches à venir : « Au fond, cela consiste à éclaircir ces questions : qui, dans le surréalisme, a parlé de l’érotisme ? Quand et comment en a-t-on parlé ? Quelle influence les œuvres de ce genre ont eu sur l’évolution du mouvement ? »
Le prochain volume vérifiera chaque point de ce propos, en examinant les théories et les productions du surréalisme dans les différents domaines de l’art et dans les différents lieux où il s’est produit.

2) Masculin-Féminin 

Le dossier central de la revue Mélusine, n° XXXVI, à paraitre au premier trimestre 2016, sera dédié à l’articulation « Masculin-Féminin ».
Parmi les plus nocives des idées reçues le concernant, il est acquis que le surréalisme, essentiellement composé d’hommes, développa un machisme actif.
La première tâche d’un esprit un tant soit peu scientifique serait d’aller y voir de plus près et de vérifier le degré d’exactitude d’une telle assertion. Sans éliminer la part du biographique, ni le rôle de l’individu, conscient et inconscient, dans chaque création, nous voudrions reprendre le problème du caractère générique d’une œuvre artistique et des représentations qu’elle suscite, à partir de ses propres informants, sans déterminisme ni positivisme simpliste.